La langue Afrikaans et ses implications dans la culture sud-africaine


Langue Afrikaans en Afrique du Sud Datant du 17e siècle, l'Afrikaans tire son origine du néerlandais. La genèse ainsi que l’évolution de ce dialecte sont étroitement liées à l’histoire et à la culture sud-africaine. Retrouvez l'histoire et les origines de la langue Afrikaans ainsi que ses implications dans la culture sud-africaine.

En 1820, l’afrikaans est reconnu comme étant la deuxième langue officielle de l’Afrique du Sud. Il s’agit de l’une des langues les plus parlées en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il est utilisé comme lingua franca. L’afrikaans est une langue d’origine néerlandaise. Son évolution est directement liée à l’histoire et à la culture de l’Afrique du Sud.


Les origines de la langue afrikaans


La genèse de l’afrikaans remonte au 17e siècle. Tirant ses origines du néerlandais, il est arrivé en Afrique du Sud grâce aux colons néerlandais venus coloniser le pays.


L’histoire de la langue


L'Afrikaans s’est structuré comme une langue blanche nationale d’origine néerlandaise : le boer. La plupart de ses racines viennent du néerlandais. Celui-ci s’ajoute à de nombreuses autres langues africaines, ainsi qu’au français, à l’anglais et au portugais. En 1875, un mouvement de plaidoyer culturel visant à imposer l’afrikaans comme langue officielle de la colonie a eu lieu. Cette action était dirigée par un groupe de pasteurs de l’Église réformée néerlandaise et d’enseignants situés à Paarl, dans la colonie du Cap. L’objectif était de donner à la langue parlée par les paysans afrikaners leur noblesse. D’autre part, ceux qui prirent part au mouvement désiraient également faire de ce dialecte un véritable outil de communication écrite.
En 1925, l’afrikaans est devenu l’une des langues officielles de l’Afrique du Sud, avec l’anglais. Il a joué un rôle majeur dans la loi blanche de l’apartheid qui s’est tenue en Afrique du Sud après 1948. Il s’est révélé être une véritable arme de guerre pour promouvoir le nationalisme afrikaner. Le soulèvement de Soweto de 1976 a été causé par l’utilisation de l’afrikaans à l’école. La constitution sud-africaine de 1996 a reconsidéré l’afrikaans comme langue officielle de l’Afrique du Sud.


Les premiers écrits en afrikaans :


La langue fait partie intégrante de la culture sud-africaine. L’une des premières œuvres écrites en afrikaans s’intitule « Bayaan-ud-djyn ». Son auteur Abu Bakr » l’a rédigé en alphabet arabe. En 1933, la première traduction de la Bible dans cette langue a été réalisée. Un magazine en afrikaans a été lancé dans le cadre du mouvement culturel dirigé par SJ Du Toit en 1876 : le » Die Afrikaanse Patriot ». SJ Du Toit lui-même était le rédacteur en chef de ce magazine dont le slogan était » Écrivez comme vous parlez ». Il sensibilisait les Afrikaners au niveau national par le biais des articles de ce journal. Ces derniers devaient amener les Afrikaners à se libérer de leur complexe d’infériorité culturelle vis-à-vis des Anglais. Il est donc souligné ici que l’identité afrikaans se confond avec la défense de la langue.


Le premier livre d’histoire afrikaner écrit en afrikaans


« Die Geskiedenis van ons Land » signifie « L’histoire de notre pays dans la langue de notre peuple ». Il s’agit d’un ouvrage publié en 1877 par S. J. Du Toit. Il constituait le premier livre d’histoire afrikaner écrit en afrikaans. Le livre raconte en particulier la lutte d’un peuple élu pour rester fidèle au plan de Dieu, de la révolte de 1795 à l’exécution de Slagter’s Neck en 1815. Il évoque également le Grand Trek de 1836, assimilé à l’exode d’Égypte et au meurtre de Piet Retief.


La littérature afrikaans


Développant une tradition poétique, la littérature afrikaans tend à romancer l’histoire des Blancs sud-africains. La forte résistance de la population noire à l’enseignement de l’afrikaans est sans aucun doute causée par cette association de l’idéologie de l’afrikanerdom avec l’afrikaans. Cependant, les lettres afrikaans ont été remarquablement bouleversées par les « Sestigers » : le peuple des années soixante. Ces derniers ont en effet introduit de nouveaux courants dans la littérature afrikaans. Les Sestigers ont réussi à rompre les liens de l’apartheid avec l’afrikaans. Ils se sont opposés à l’apartheid et ont influencé certains courants de gauche tels que Michel Foucault, l’ANC, etc. Actuellement, les auteurs les plus célèbres sont Breyten Breytenbach, Adam Small, Deon Meyer et André Brink.


Statistiques : Quelle population utilise l’afrikaans comme langue parlée ?


La langue afrikaans est parlée par tous les groupes ethniques sud-africains (près de 16 % de la population locale). Selon une estimation de 2007, il est utilisé comme langue maternelle par environ 6,5 millions de personnes. L’afrikaans est la langue la plus multiethnique d’Afrique du Sud. Ainsi, environ 3 440 000 de ses locuteurs maternels sont Métis, 240 000 Noirs, 2 760 000 Blancs et moins de 10 000 Indiens. L’Afrique du Sud utilise l’afrikaans comme langue maternelle et les pays périphériques tels que la Namibie, le Zimbabwe, le Botswana et la Zambie en font usage en tant que langue auxiliaire. En effet, selon l’estimation la plus élevée (9 millions pour l’estimation la plus basse), 23 millions de personnes l’emploient en tant que deuxième ou troisième langue. La majorité des citoyens de langue afrikaans sont originaires des provinces du Western Cape et du Northern Cape. Cette langue occupe également une place importante dans les provinces de l’État libre et du Gauteng.



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